À l’approche de l’élection présidentielle, la FNSEA a profité de son congrès pour présenter des propositions d’urgence destinées à renforcer l’attractivité des territoires ruraux. Soutien à l’emploi, initiatives pour fédérer les différents acteurs de la ruralité, revitalisation des centre-bourgs, échanges pour consolider le vivre-ensemble sont au cœur d’un « manifeste » co-signé avec 20 autres organisations.

La FNSEA a consacré une partie de son congrès aux ruralités, le 22 septembre, à Niort.La FNSEA a consacré une partie de son congrès aux ruralités, le 22 septembre, à Niort. (©Terre-net Média)

Si la crise sanitaire a renforcé l’attractivité du milieu rural, elle a surtout accentué une tendance de fond, puisque 80 % des communes rurales sont en croissance depuis 10 ans. « Le milieu rural est attractif parce qu’il est vivant, grâce aux activités économiques », dont, au premier plan, l’agriculture, mais également les emplois industriels (dont 31 % sont situés en zone rurale), a rappelé Henri Biès-Péré, président du Groupe Monde Rural et vice-président de la FNSEA, lors du 75e congrès du syndicat à Niort, le 22 septembre.

Or, les nouveaux arrivants ont des attentes différentes, et parfois une méconnaissance de l’espace rural, ce qui peut générer des tensions sur les usages du territoire. Le mouvement de défense de la chasse et du monde rural, qui a manifesté samedi dernier, témoigne d’ailleurs d’une certaine « anxiété, d’un sentiment de menace d’un mode de vie », analyse de son côté Carole Delga, présidente de Régions de France et de la région Occitanie. Une situation qui appelle à « une sécurisation des parcours de vie », ajoute-t-elle, estimant que la question des ruralités doit prendre une place importante dans les débats de la présidentielle à venir.

« Apprendre à négocier »

Il faut, pour la présidente de Régions de France, « être en pack avec les autres collectivités ». « C’est à vous de porter un nouveau pacte avec la société », estime quant à lui le sociologue Jean Viard. « Vous avez 440 000 fermes au milieu de 16 millions de maisons avec jardin : les autres usages du territoire sont tout aussi légitimes que le vôtre. Le monde en dehors des villes doit apprendre à négocier », poursuit-il.

Dialoguer avec les autres acteurs des territoires, avancer des solutions, c’est bien l’ambition de la FNSEA, qui a élaboré 10 propositions d’urgence dans un « manifeste pour des ruralités vivantes ». Le document propose un certain nombre de leviers pour « imaginer ensemble la cohabitation de demain », indique Henri Biès-Péré.

Il s’agit par exemple de soutenir les entreprises des zones rurales via des exonérations de taxe ou de charges, renforcer l’attractivité des groupements d’employeurs, mais aussi favoriser les interactions, le dialogue entre les différents acteurs de la ruralité, fédérer les habitants pour co-construire un nouveau modèle de développement territorial. En amont de l’élection présidentielle, mais également des élections législatives à venir, la FNSEA appelle à soutenir ces propositions déjà signées par 20 autres organisations diverses, comme la CPME, l’APCA, Axema, la FNAR, l’UNAPL, l’UNEP, ou encore Sol et civilisations.

21 acteurs co-signent aux côtés de la #FNSEA le “Manifeste pour des ruralités vivantes” et porteront haut et fort les 10 propositions présentées tout au long des #Présidentielles2022. #Niort2021 pic.twitter.com/o13V9Le9RW

— La FNSEA (@FNSEA) September 22, 2021