À quelques mois de l’élection présidentielle, la FNSEA a profité de son 75e congrès, les 22 et 23 septembre à Niort, et de la présence du ministre de l’agriculture, pour dresser la liste de ses attentes vis-à-vis du gouvernement. Les sujets de la rémunération, de la déclinaison de la future Pac, de la transition agroécologique, ou encore des retraites ont ainsi été évoqués devant Julien Denormandie qui a de son côté défendu son bilan, sa méthode et sa volonté d’agir jusqu’au bout des six mois restants.

Julien Denormandie lors du 75è congrès de la FNSEA, le 23 septembre, à Niort.Julien Denormandie lors du 75è congrès de la FNSEA, le 23 septembre, à Niort. (©Terre-net Média) 

Attendu depuis un an et demi, le 75e congrès de la FNSEA s'est tenu à Niort du 21 au 23 septembre. Invité en conclusion de la dernière journée, le ministre de l'agriculture a, une nouvelle fois, réaffirmé son engagement sur l'ensemble des -nombreux- points d'actualité soulevés par la présidente du syndicat.

Alors que la proposition de loi pour protéger la rémunération des agriculteurs a été adoptée hier, avec des modifications, par le Sénat, Christiane Lambert, comme Samuel Vandaele avant elle, a rappelé les espoirs déçus par la loi Égalim, et l’importance des mécanismes de transparence dans la loi à venir. Pour le ministre, l’objectif est désormais de « conclure ce texte le plus rapidement possible ».

La cohérence entre le Pacte Vert de la Commission européenne et la politique commerciale de l’UE est également un sujet d’inquiétude sur lequel a insisté la présidente de la FNSEA, alors que la France doit prendre la présidence du Conseil de l’UE au premier semestre 2022. L’étude d’impact de la stratégie Farm to fork conclut en effet une réduction de la production de 10 à 15 %, une baisse des revenus agricoles, et une augmentation des importations qui anéantirait 50 % des efforts mis en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, rappelle Christiane Lambert. Si les clauses miroirs, la taxation carbone aux frontières, ou encore le développement des protéines seront au cœur des sujets de la France, « j’ai trois priorités : la réciprocité, la réciprocité, et la réciprocité », a asséné Julien Denormandie.  

La réforme de l’assurance en vigueur dès 2023

Autre chantier d’ampleur lancé par le ministre, le Varenne de l’eau dont le premier axe est celui de la gestion des risques. « Le monde agricole ne peut pas s’assurer seul face au changement climatique », a rappelé Julien Denormandie. Suite aux annonces du président de la République aux Terres de Jim, le projet de loi doit être présenté en conseil des ministres début décembre, pour un premier passage à l’Assemblée nationale mi-janvier, « pour entrer en vigueur dès début 2023 », explique le ministre.

Ce dernier a également rappelé les avancées à son actif sur le sujet de la gestion de l’eau, à travers le décret sur la gestion quantitative des usages de l’eau : « cela fait 15, 20 ans qu’on l’attend », souligne-t-il. Au lendemain d’une manifestation d’ampleur de la Confédération paysanne en opposition aux bassines, Julien Denormandie a, lui, affirmé son soutien au projet. 

Accompagner la transition

L’attractivité du métier était au cœur des discours, à travers la rémunération, mais aussi la revalorisation des retraites, ou les investissements dans le secteur agricole. Sur ce dernier point, le ministre a promis de défendre l’agriculture au sein du grand plan d’investissement France 2030, l’investissement étant selon lui nécessaire pour accélérer la transition indispensable et ardemment demandée par la société. « On y arrivera encore plus vite si on associe création de valeur environnementale et création de valeur économique », a défendu Julien Denormandie, évoquant la question du stockage de carbone.

Pour mieux accompagner cette dynamique de transition, la FNSEA a de son côté travaillé sur ses fondamentaux dans le projet FNSEA 2025, présenté lors de son congrès, avec une nouvelle raison d’être : « s’engager avec des femmes et des hommes qui ont le goût d’entreprendre en agriculture pour des territoires vivants et dynamiques ». 

Derrière les mots, il s’agit aussi de défendre les évolutions du métier, dans un contexte sociétal en évolution. La FNSEA multiplie ainsi les échanges et les partenariats avec des organisations en-dehors du monde agricole, dans le cadre par exemple de son manifeste pour des ruralités vivantes, mais aussi avec Métro France. Des échanges qui peuvent faire émerger des similitudes, comme l’a démontré l’intervention de Patrick Puyanné, PDG de Total Energies. Le groupe a changé de nom pour afficher son ambition de se hisser dans le top 5 des producteurs d’énergie renouvelable d’ici 10 ans. « Nous devons produire de l’énergie à plus de monde, mais aussi plus abordable, et plus durable. Ce sont les mêmes défis que vous avez dans cette salle », a-t-il lancé à l’assistance. « Nous avons longtemps eu cette philosophie, dans une entreprise d’ingénieurs : pour vivre heureux vivons cachés, or il y a aujourd’hui un principe très fort de transparence demandé dans la société actuelle », poursuit-il. Mais si le dialogue avec la société est désormais indispensable pour mieux aborder la transition, pour Total Energies comme pour la FNSEA, la fierté du métier doit demeurer un élément central.

"Nous avons des similitudes : certains ne veulent pas voir nos progrès. Nous avons évolué, nous nous sommes transformés. Vous avez dû embarquer vos salariés, nous nos adhérents" @ChLambert_FNSEA à @PPouyanne #Niort2022 #ReseauFNSEA2025

— La FNSEA (@FNSEA) September 23, 2021

« Vibrez quand vous parlez de la FNSEA, quand vous parlez de votre métier, soyez fiers de ce que vous faites au quotidien ! », a insisté Christiane Lambert, sous les applaudissements des congressistes.

Grand final de notre 75eme congrès à #Niort2021. Soyons fiers de notre raison d'être. Rendez-vous avec @FRSEAFC à Besançon pour le #CongresFNSEA2022 ! #ReseauFNSEA2025 pic.twitter.com/nQGQqnN4ab

— La FNSEA (@FNSEA) September 23, 2021